Amy Winehouse Back to Black : 20 ans d’un chef-d’oeuvre
Amy Winehouse Back to Black souffle ses vingt bougies, et le numéro 39 de Vinyle&Audio lui offre sa couverture. Jean-William Thoury retrace la naissance de l’album, ses coulisses de studio et son héritage. Le magazine est disponible en kiosque.

Le numéro de novembre-décembre 2026 de Vinyle&Audio met Amy Winehouse à l’honneur. Le dossier s’ouvre sur un constat simple : l’originalité de sa voix, de son répertoire et de sa présentation forme un phénomène rare. Quand sort Back to Black en 2006, le monde entier mesure l’immensité de son talent.
Vingt ans plus tard, l’album a dépassé les vingt millions d’exemplaires. L’aventure garde tout son côté extraordinaire. Les photographies d’Alex Lake accompagnent le texte sur plusieurs pages et nous replongent dans l’univers de l’artiste.
Une voix de contralto remarquée dès 16 ans
Amy Winehouse naît le 14 septembre 1983 à Enfield, puis grandit à Southgate, dans le nord de Londres. Plusieurs membres de sa famille sont musiciens. Son père Mitch, chauffeur de taxi, aime chanter et deviendra son manager et son principal soutien. Sa grand-mère Cynthia, chanteuse, lui fait découvrir le jazz. Amy se fera tatouer son prénom sur le bras en hommage.
À 16 ans, elle interprète “Moon River” avec le National Youth Jazz Orchestra. Sa voix grave pour cet âge la range parmi les contraltos. Des maquettes circulent alors jusqu’à Simon Fuller, de la compagnie 19 Management, déjà associé au succès des Spice Girls. Le parcours d’une artiste hors du commun commence ici.
La franchise de Frank
Simon Fuller croit assez en elle pour l’engager en 2002 et lui verser 250 livres par mois. Amy chante dans les clubs, prête sa voix à des maquettes et collabore avec le producteur new-yorkais Salaam Remi. Darcus Beese, de la direction artistique du label Island, repère sa voix et mène l’enquête pour la retrouver. Il doit ensuite convaincre le label face à Virgin et EMI. Un contrat est signé.
Frank paraît le 20 octobre 2003 et atteint la 13e place des meilleures ventes britanniques en janvier 2004. Amy Winehouse juge pourtant le disque sévèrement et critique la promotion. Le magazine rappelle que son unité tient à la couleur du vocal. Les sessions se déroulent entre Londres, New York, le New Jersey et Miami. Rétrospectivement, c’est déjà une vraie réussite.
Le son des Ronettes et des Dap Kings
Le dossier détaille ensuite le style de la chanteuse. Sa voix s’est forgée à l’écoute de Sarah Vaughan, Dinah Washington et Nina Simone. Les textes de “I Heard Love Is Blind” et de “Take the Box” montrent une franchise presque violente. Le clip de “Stronger Than Me” prolonge cette attitude, entre autorité et fragilité.
Pour Back to Black, Salaam Remi partage la production avec Mark Ronson. Amy fait appel aux Dap Kings, le groupe de Sharon Jones, pour évoquer le charme des girl groups des années 1960 et de la Motown. Les séances se tiennent à Miami et à New York, aux studios Daptone, Chung King et Allido. Le mixage est confié à Tom Elmhirst à Londres. Amy Winehouse Back to Black est sublime sur tous les plans : écriture, interprétation et production.
Un album qui n’a pas fini de vivre
Les chansons de l’album inspirent de nombreux interprètes. “Rehab” compte une cinquantaine de versions. “Back to Black” a été reprise par Ronnie Spector et Bryan Ferry, “You Know I’m No Good” par Wanda Jackson et les Rolling Stones, “Love Is a Losing Game” par Nana Mouskouri. Les albums connaissent un énorme regain de popularité et font l’objet de versions augmentées.
Le texte aborde aussi la part sombre de l’histoire. Amy Winehouse meurt le 23 juillet 2011, à 27 ans. Ses parents créent la Amy Winehouse Foundation pour aider les jeunes confrontés à l’éthylisme. Bob Dylan affiche son admiration pour Back to Black, Patti Smith chante “This Is the Girl” et Green Day signe “Amy”.
Nous vous conseillons de passer chez votre marchand de journaux. Le numéro 39 de Vinyle&Audio vous attend avec ce dossier complet sur les 20 ans de Back to Black.

