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William Sheller Lux Aeterna : le trésor oublié renaît en vinyle

Dans le numéro 38 de Vinyle&Audio, en kiosque, nous revenons sur William Sheller Lux Aeterna, une messe pop enregistrée avec l’Orchestre de l’Opéra national de Paris et enfin repressée en vinyle de grande qualité.

En 1968, William Sheller a 22 ans. Il signe « My Year Is a Day », un immense succès pour Les Irrésistibles, de jeunes Américains installés en France. L’année suivante, il compose la musique d’Erotissimo, un film de Gérard Pirès avec Annie Girardot et Jean Yanne. Serge Gainsbourg y fait une apparition.

Le jeune compositeur est en pleine création. Pour le mariage d’amis, il écrit une messe, Lux Aeterna. Les royalties de son tube financent le projet. Il l’enregistre avec l’Orchestre de l’Opéra national de Paris et les chœurs de l’ORTF. Jean Eckian coproduit l’ensemble et l’œuvre sort dans les bacs en 1972.

Un public fidèle, du Japon à l’Australie

Ce mariage de classique et de pop, avec des touches de jazz, ne triomphe évidemment pas auprès du grand public. Il suscite pourtant un intérêt constant, notamment au Japon et en Australie. Convaincue, Barbara propose à William Sheller de collaborer à La Louve.

Le disque est exigeant et difficile d’accès. Il convainc suffisamment de nouveaux adeptes pour être réédité en 1975. La pochette montre alors le portrait de l’artiste, devenu populaire grâce à « Rock’n’dollars ». Deux autres éditions suivent, en 1992 dans la Collection Or, puis en 2007 avec le retour à la pochette originale.

Aujourd’hui, Gérard Targowla permet à cet album de retrouver l’illustration monochrome d’origine. Le label Panthéon, via la major Universal/Mercury, le represse en vinyle de grande qualité. William Sheller Lux Aeterna reste une œuvre exigeante, et ce pressage lui offre enfin le support qu’elle mérite.

Ces disques passés inaperçus qui changent de statut

Notre rubrique Histoire sans paroles élargit le propos. Jean-William Thoury y évoque les disques qui restent dans l’ombre. « Rock’n’dollars » est extrait de l’album William Sheller, enregistré avec le groupe Alice en 1975. Ce titre installe durablement l’artiste. Ses tentatives précédentes demeurent ignorées : « Couleurs », avec Gérard Manset et Jean-Claude Petit, « Adieu Kathy » et « She Opened the Door », avec Paul Piot.

Certains albums attendent des années avant de trouver leur public. Super boum rock’n’roll, publié en 1982 chez Force/Carrère, intéresse beaucoup plus d’amateurs depuis que nous savons que Joint de Culasse, premier groupe de Manu Chao, l’a enregistré avant Mano Negra. L’unique album de The Wind in the Willows (Capitol, 1968) attire les collectionneurs grâce à la chanteuse Deborah Harry, future Blondie.

Trent Reznor tient les claviers dans The Innocent pour Livin’ in the Street (Red Label, 1985). Il fonde Nine Inch Nails trois ans plus tard. Un simple changement de nom peut tout modifier, comme lorsque Y Kant Tori Read (Atlantic, 1988) précède Tori Amos. En 1991, les spectateurs des concerts de Dominique A peuvent acheter Un disque sourd, un album autoproduit à 150 exemplaires.

Rendez-vous chez votre marchand de journaux

Ce numéro 38 de Vinyle&Audio, daté septembre/octobre 2026, vous attend en kiosque. Rendez-vous page 50 pour lire notre dossier complet sur William Sheller et sur les pépites que nous avons laissées dans l’ombre trop longtemps. Poussez la porte de votre marchand de journaux et demandez le magazine.